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Je gagne

Ce qu'en dit le Petit Robert


GAGNER : verbe transitif
étym. milieu XII - du francique waidanjan. - À l'origine, ce verbe germanique signifiait probablement « faire paître (le bétail) », donc « mettre un champ en pâture », puis l'année suivante, le cultiver, d'où « tirer un profit »
Famille étymologique : gagner

I S'assurer (un profit matériel)
1 (Par un travail, par une activité). Gagner de l'argent. -> gain. Gagner tant par mois, de l'heure. -> 1. toucher. Il a gagné tant sur la vente. -> encaisser. Gagner son pain à la sueur de son front. Gagner de quoi vivre. Gagner sa vie, (fam.) sa croûte, son bifteck. -> travailler. Il gagne très bien sa vie. Gagner des mille et des cents. Pop. Il gagne bien.
- Tenez, voilà cent euros, vous les avez bien gagnés, mérités.
- Manque* à gagner.
- Par antiphr. J'ai gagné ma journée, se dit quand on perd le bénéfice de sa journée, de ses efforts par une action, un fait malheureux.

Le Petit Robert

2 (début XIII) (Par le jeu, par un hasard favorable). -> empocher, encaisser, rafler, ramasser. Gagner le gros lot*. Gagner le tiercé. -> 1. toucher. Gagner au loto. Se retirer du jeu après avoir gagné (cf. Faire charlemagne*). Gagner sur tous les tableaux. À tous les coups l'on gagne !
- Par ext. Le numéro tant gagne un lot de trois mille euros. La carte qui gagne, qui fait la levée. è gagnant.

II S'assurer (un avantage)
1 (1571) Acquérir, obtenir (un avantage). Il y a gagné une certaine notoriété, beaucoup d'assurance. Gagner ses galons. -> acquérir, conquérir, moissonner, recueillir. Vous avez bien gagné vos vacances. -> mériter. « Avec Jules, on économisera le prix du train. Ce sera toujours ça de gagné » (C. Lépidis). P. p. adj. Repos bien gagné.
- Gagner deux kilos, dix centimètres. -> prendre.
- Gagner du temps : obtenir l'avantage de disposer d'un temps plus long, en différant une échéance (-> 2. différer, retarder, temporiser). Faire une économie de temps. Prenez ce raccourci, vous gagnerez un bon quart d'heure. -> économiser.
- Gagner de la place.
- (Avec un compl. indéterminé) Ne vous embarquez pas dans cette affaire, vous n'y gagnerez rien, rien de bon. -> retirer, tirer. Avoir tout à gagner et rien à perdre.

  • Sans compl. Gagner au change. è bénéficier.
  • Gagner en, sous le rapport de. « la passion y gagne en profondeur ce qu'elle paraît perdre en vivacité » (Balzac). Sans compl. Son style a gagné en force, en précision. è s'améliorer, progresser.
  • Gagner sur qqch., en obtenir davantage. En jouant sur l'épaisseur, on peut gagner sur la quantité.
  • Intrans. Gagner à (et inf.) : retirer un avantage, avoir une meilleure position. C'est un homme qui gagne à être connu. Ce vin gagnerait à vieillir. Achetez le lot, vous y gagnerez.

- Gagner de (et inf.) : obtenir l'avantage de, arriver à ce résultat que. Vous y gagnerez d'être enfin tranquille.
2 Iron. -> attraper, 1. contracter, prendre. Je n'y ai gagné que des ennuis. -> récolter, retirer.
3 (fin XIII) Obtenir (les dispositions favorables d'autrui). -> s'attirer, capter, conquérir. Gagner la faveur, l'amitié, l'estime de qqn. -> plaire. « je ne sais quoi qui gagne le cœur » (Chateaubriand). -> séduire, subjuguer.

  • Littér. Se rendre favorable (qqn). -> amadouer, s'attacher, se concilier, séduire. Se laisser gagner par les prières de qqn. -> convaincre, persuader. Gagner de nouveaux partisans, des fidèles. -> convertir, rallier.


III (Dans une compétition, une rivalité)
1 Obtenir, remporter (l'enjeu). Gagner le prix. Gagner la coupe. è enlever.
2 (fin XIII) Être vainqueur dans (la compétition). Gagner une bataille, la guerre. Gagner les élections. Gagner un combat.
- Gagner un procès. Gagner un pari, la partie.
- P. p. adj. Avoir cause gagnée. Fam. C'est pas gagné ! Sans compl. Gagner haut* la main. Vous avez gagné, félicitations ! -> réussir. Jouer à qui perd gagne.

  • Gagner une épreuve, une course.

- Sans compl. è emporter (l'emporter). Boxeur qui gagne aux points, par K.-O. On a gagné ! On ne change pas une équipe qui gagne. Volonté de gagner (-> fam. gagne).
3 (milieu XII) L'emporter sur (l'adversaire). -> battre*, vaincre; fam. 1. avoir, gratter. « Jean-Jacques Rousseau, qui me gagnait toujours aux échecs » (Diderot).
- Gagner qqn de vitesse, arriver avant lui en allant plus vite. è dépasser, devancer. Fig. Gagner de vitesse un rival (cf. Prendre de vitesse).
4 Gagner du terrain sur qqn, s'en rapprocher (si on le poursuit), s'en éloigner (si on est poursuivi). L'ennemi a gagné du terrain. -> avancer, progresser. Fig. L'incendie gagne du terrain. -> s'étendre. Idées qui gagnent du terrain.
5 Intrans. S'étendre au détriment de qqch. L'incendie gagne. -> se propager.

IV Atteindre (une position, un individu)
1 (début XVI) Atteindre en se déplaçant. Le navire a gagné le large, le port (-> aborder, 1. toucher). Veuillez gagner la sortie.
2 (1606) Atteindre en s'étendant. -> progresser, se propager, se répandre. L'inondation gagne les bas quartiers. La grève gagne tous les secteurs. -> atteindre, 1. toucher. « Le froid, l'insensibilité, la paralysie, commencent à gagner mes membres » (Robbe-Grillet).

  • Fig. en parlant d'une contagion d'ordre moral è se communiquer. Son pessimisme nous gagne. Être gagné par le doute.

3 (milieu XIII, à nouveau début XVI) Agir sur (qqn) par une impression. Le froid, le sommeil, la faim, la fatigue commençaient à le gagner. -> s'emparer (de), envahir. « Idriss percevait l'angoisse et l'impatience qui gagnaient son compagnon » (Tournier).

Contraires :
Perdre. Échouer, reculer. — Abandonner, éloigner (s'), quitter.


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